Le 9 juin, nous sommes allés à la rencontre de madame Anne Bringia, présidente du syndicat des eaux de munchhouse et de monsieur Denis Imhoff, secrétaire de la structure. Nous souhaitions comprendre le pourquoi du comment de cette lutte acharnée qu’ils mènent avec volonté et courage contre le projet de construction d’un méthaniseur à Munchhouse. Nous souhaitons, par ailleurs les remercier de nous avoir accordé de leur temps pour nous expliquer tous les éléments qu’ils nous ont transmis. Ils ont eu le courage de nous donner toutes les clefs pour nous forger notre propre avis.
Tout d’abord, si vous êtes des novices comme nous, voilà un petit point récapitulatif :
La société S.A.S Kaligaz, installée à Richwiller, porte un projet de construction et d’exploitation d’une unité de Méthanisation qui serait installée à Munchhouse, au lieu-dit « Kaibacker ». S’en suit un chemin houleux de protestations, de délibérations, de discussions pour arriver à l’acceptation du permis de construire, délivré par le préfet le 30 avril 2021.
Au cœur des protestations se trouve le sujet le plus important qui est également le but ultime du SIAEP: la protection de l’eau. En effet, la localisation de cette unité serait trop proche du puits qui alimente en eau potable les communes aux alentours, le risque de pollution directe si une erreur arrive est donc immédiat. Le problème de l’épandage du substrat -riche en azote et pauvre en carbone- se pose également : les sols étant fragiles et poreux dans cette zone, ne risquons-nous pas quelque chose à épandre un élément dont la composition est complexe à ces endroits-là ? La protection de notre ressource en eau est d’intérêt général, toutefois il ne faut pas diaboliser les structures nouvelles et peu connues qui s’implantent dans une volonté d’avancer vers un peu plus d’écologie chaque jour.
Selon Kaligaz, la quantité de substrat produite annuellement serait de 11 000 m3 pour 2600 hectares de terres. Pourquoi ne pas éloigner d’avantage les zones d’épandages du périmètre de protection éloigné ? Cette question reste sans réponse.
L’équipe du SIAEP replace la véritable question : ce n’est pas un combat « pour ou contre la méthanisation » mais plutôt un « pourquoi ici ? ». Loin des idées anti-méthanisation complètes, madame Bringia comprends et souligne la nécessité de changer les façons de produire de l’énergie mais elle reste inquiète face à l’oubli du principal problème.
Une unité de Méthanisation reste un site dangereux qui, s’il n’est pas contrôlé, peut entrainer de graves conséquences. Actuellement, aucune analyse des sols n’a été faite, il n’y a donc pas de point zéro, pas de moyen de prouver une potentielle pollution des sols. Ces analyses ne sont pas obligatoires mais elles restent un moyen d’attester de la bonne foi et de partager ou dissiper les craintes des locaux. Si un incident arrive, personne ne pourrait alors prouver que le responsable de cette dégradation des sols est telle ou telle société, ne permettant alors pas de résoudre le problème financier du pollueur-payeur. En cas de pollution, il faudrait construire un nouveau puits ou tirer des conduites pour se raccorder à un autre puits. Ces deux solutions sont onéreuses et leurs prix seraient répercutés sur les factures des habitants et des entreprises du secteur. il serait inadmissible d’en arriver là.
Ces projets verts sont intéressants et sont un moyen de produire autrement, de valoriser nos déchets agricoles mais ils nécessitent des contrôles et surtout, ils doivent donner des garanties afin de protéger la population et les ressources diverses qui peuvent pâtir d’un malfonctionnement possible.
Nous avons également reçu une lettre de l’association HARDT Environnement, nous interpellant sur ce sujet. Vous trouverez donc notre réponse en image dans cet article!